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mickael23

Changement climatique en France

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il y a 33 minutes, Tomar a dit :

Par contre j'imaginerais très bien des périodes caniculaires extrêmement longues (tel que présenté dans le papier d'ailleurs) commençant très tôt dans la saison, avec parfois des pointes au delà de 45°C, et des Tn insupportablement hautes.

Et les Td, qui augmenteront aussi probablement avec le réchauffement de la Méditerranée et de l'Atlantique côtier, risquent de rendre les villes de bord de mer bien inconfortables.

 

Je suis d'accord avec ça. Une chaleur plus humide, plus marquée et des vagues de chaleur plus longues. Mais des Tx de 50 ou 55 °C, c'est n'importe quoi.

 

Je suis donc très sceptique, plus que septique... :P 

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Il y a 3 heures, sirius a dit :

Des vagues de chaleur jusqu'à 50 °C avant la fin du siècle

 

Chacun se fait plaisir à sortir avec du bruit des articles qui soufflent aussi bien le blanc que le noir, on a bien compris. Adieu le cadrage et le sérieux communicationnel voulu par le GIEC.

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C'est effectivement très chaud mais c'est quand même pas à prendre au pied de la lettre ( si c'est 48 c'est très chaud aussi ) et il ne s'agit pas non plus de ce qui serait une normale. C'est une canicule 2003esque. 

Ensuite que dire de ce qui se passera en ville ? Larticle n'aborde pas cette question mais elle est critique. 

 

Avant de décréter que c'est n'importe quoi on peut essayer de comprendre ce qui amène ce résultat.  Par exemple quelle est la sensibilité transitoire du modèle climatique qui nourrit ALADIN  ?

Et les météo qui traînent ici peuvent aussi essayer de nous éclairer sur les forces et faiblesses de ce modèle pour des situations semblables.

Edited by sirius
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Notez qu'en ajoutant une marge d'erreur réaliste de 50 ans, l'incrément anormal de 2003 peut se produire en dès 2020 ou pas avant 2120. Le fait qu'un modèle annonce autour de 2070 est de la science fiction. Il y a une limite de prévisibilité au déterminisme qui est de 3 à 7 jours. Hors de cette fenêtre, les modèles sont obligés de se tromper sur la séquence temporelle des régimes de temps. Et il faut rajouter que si un événement est consécutif à des processus chaotiques, plus il est statistiquement rare moins on sait quand il va se reproduire. D'où une marge d'erreur réaliste de 50 ans pour un phénomène d'ordre séculaire.

Edited by Cotissois 31

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Oui ça je pense que tout le monde ici l'a bien compris mais quand tu dis que c'est n'importe quoi c'est de l'amplitude que tu parles. Les arguments de tomar sont forts mais sont ils suffisants pour exclure des pointes de l'ordre de 6 a 7 degrés de plus que 2003  ?

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Location : Chauvé (44)

Je ne comprends le scepticisme face à cette étude. Il s'agit d'une étude menée avec un modèle performant par des scientifiques reconnues dans leur spécialité.

Eux-mêmes ont été étonnés par les résultats, mais connaissant la crainte des climatologues d'être exposés aux critiques, leur prudence a du leur faire revérifier plusieurs fois leurs résultats.

 

Quand on regarde de plus les anomalies qui ont eu lieu en Arctique ces dernières années (et auxquels aucun climatologue ne s'attendait voir aussitôt), je ne vois pas en quoi des anomalies de température exceptionnelles menant à 50°c de Tx sont impossibles (qui s'attendait également à la puissance de la canicule de 2003?).

N'oublions pas qu'en cas de blocage anticyclonique de plus en plus systématique (ce qui va être le cas avec le réchauffement accru de l'Arctique par rapport aux latitudes sub-tropicales : oscillation plus marquée et durable du Jet Stream), la sécheresse a le temps de s'accentuer favorisant le réchauffement de la masse d'air.

Sachant qu'un blocage type Oméga durable prendrait racine au Maghreb (régions dont d'autres études sérieuses ont montré un réchauffement qui rendrait la région invivable dans le scénario RCP8.5 ) et que la désertification de l'Espagne serait déjà entamé dans le pire des scénarios (réchauffement encore accentué de la masse d'air), qu'y a-t-il d'étonnant à ce que le modèle envisage ces températures exceptionnelles en France lors de canicules rares type 2003 ?

 

Ce qui m'étonne surtout c'est cette capacité à renier par certains les études sérieuses montrant des modélisations qui rendraient nos régions invivables en été...

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il y a 36 minutes, sirius a dit :

Oui ça je pense que tout le monde ici l'a bien compris mais quand tu dis que c'est n'importe quoi c'est de l'amplitude que tu parles. Les arguments de tomar sont forts mais sont ils suffisants pour exclure des pointes de l'ordre de 6 a 7 degrés de plus que 2003  ?

 

Si on est convaincu par le fait que la Nature use beaucoup de processus quasi-linéaires, non.

Si on est convaincu qu'on va vers un nouveau régime dynamique où la variance augmente, encore moins.

Si on est convaincu que la Terre et la vie sont une symbiose particulière, s'opposant aux règles précédentes (caractéristiques du milieu inerte), on a le droit de douter, mais il faudra convaincre les autres...

Edited by Cotissois 31

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Location : 60300 Senlis, 61170 Marchemaisons

Je ne suis pas très fan non plus de ce genre de projection hyper médiatique comme présenter un bulletin météo de l'année 2050, même si on ne peut pas l'exclure et que les études scientifiques sont sérieuses; tout simplement parce que le grand public n'est pas encore prêt à l'entendre et va encore accuser les medias de faire du sensationnel et les climatosceptiques vont s'empresser de s'enfoncer dans la brèche ouverte, et on obtiendra finalement l'effet inverse de sensibilisation  de ce grand public au danger du changement climatique, je crois qu'il faut plus le sensibiliser sur ce qui est déjà visible actuellement, le concret sera à mon avis plus efficace !

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Ça ce sont des considérations importantes certes mais qui n'ont rien de scientifiques . En outre ça ressemble à de l'autocensure. 

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Location : Chauvé (44)

L'étude n'a pas pour but de s'insérer dans une médiatisation (ce que les médias en font est une autre histoire).

Elle fait partie de modélisations essentielles pour savoir où nous allons dans le futur. En tant qu'agriculteur par exemple, ce genre d'étude peut permettre d'anticiper les pratiques et cultures agricoles permettant de supporter ces extrêmes, il faudrait ainsi prévoir des plantations d'arbres prévoyant de l'ombrage suffisant et adaptés à des sécheresses marquées (concurrence possible entre cultures et arbres) (or la majorité des arbres atteignent leur maturité entre 40 et 120 ans et leur zone de répartition actuelle n'est pas du tout adapté aux climats futurs...).  Les variétés de cultures doivent aussi être sélectionnés sur un temps long.

De même les constructions permettant une aération et isolation adapté doivent être pensées à l'avance, de même que l'urbanisme des villes.

Que dire des installations industrielles sensibles nécessitant de l'eau pour leur fonctionnement, tel que les centrales nucléaires ?

Bref, des secteurs sensibles de notre société ont besoin de ce genre d'études objectives qui envisagent les scénarios extrêmes afin de tout simplement prévoir l'adaptation nécessaire, mais aussi de faire comprendre aux acteurs de ces secteurs que l'on a tout intérêt à limiter au plus vite les émissions de CO2 (car l'adaptation sera plus que difficile si nous ne faisons rien...).

 

Bref, je ne comprends pas la polémique autour de cette étude.

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Location : 60300 Senlis, 61170 Marchemaisons
il y a 15 minutes, Yoann44 a dit :

L'étude n'a pas pour but de s'insérer dans une médiatisation (ce que les médias en font est une autre histoire).

Elle fait partie de modélisations essentielles pour savoir où nous allons dans le futur. En tant qu'agriculteur par exemple, ce genre d'étude peut permettre d'anticiper les pratiques et cultures agricoles permettant de supporter ces extrêmes, il faudrait ainsi prévoir des plantations d'arbres prévoyant de l'ombrage suffisant et adaptés à des sécheresses marquées (concurrence possible entre cultures et arbres) (or la majorité des arbres atteignent leur maturité entre 40 et 120 ans et leur zone de répartition actuelle n'est pas du tout adapté aux climats futurs...).  Les variétés de cultures doivent aussi être sélectionnés sur un temps long.

De même les constructions permettant une aération et isolation adapté doivent être pensées à l'avance, de même que l'urbanisme des villes.

Que dire des installations industrielles sensibles nécessitant de l'eau pour leur fonctionnement, tel que les centrales nucléaires ?

Bref, des secteurs sensibles de notre société ont besoin de ce genre d'études objectives qui envisagent les scénarios extrêmes afin de tout simplement prévoir l'adaptation nécessaire, mais aussi de faire comprendre aux acteurs de ces secteurs que l'on a tout intérêt à limiter au plus vite les émissions de CO2 (car l'adaptation sera plus que difficile si nous ne faisons rien...).

 

Bref, je ne comprends pas la polémique autour de cette étude.

 

C'est pourtant bien ce qui va se passer et on verra que ça en titre :

 

"Des vagues de chaleur jusqu'à 50 °C avant la fin du siècle "

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Location : Chauvé (44)

Oui Bernard mais on ne va pas empêcher des études tels que celle ci de sortir, ou de communiquer là-dessus parce que des médias pourraient en faire des titres sensationnalistes.

 

C'est comme si dans les années 70-80, lorsqu'on avait découvert le RC et ses potentiels impacts dévastateurs, on avait empêché les études balbutiantes sur le RC ou la comm autour de ces dernières sous prétexte que des journaux allaient titrer : " En 2100, la Terre ressemblera à Vénus, chronique d'une fin du monde annoncé" :) .

 

On a besoin de ce genre d'études. Par exemple dans mon futur métier de technicien agroforesterie, j'ai besoin de savoir les probabilités des extrêmes climatiques dans le futur, car quand on plante des arbres, on voit sur un temps long. Et je crois ne pas être le seul lambda (je veux dire par là ne faisant pas partie du monde scientifique ou politique) à avoir besoin de ce genre d'études.

Par exemple, en sachant cela, et en voyant qu'actuellement on est mal parti pour calmer nos émissions de GES (sans parler des rétroactions positives), je vais faire des recherches du côté de l'agriculture Sahélienne en agro-foresterie avec des arbres supportant des écarts thermiques importants (entre le froid et le chaud) et des périodes de sécheresses prolongés, tout en étant profitable aux cultures.

 

Allez on boit un coup à la fin de l'agriculture française telle que nous la connaissons ! :D (j'en rigole, mais au fond ce n'est pas le cas...) :(

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Location : 60300 Senlis, 61170 Marchemaisons
il y a 57 minutes, Yoann44 a dit :

Oui Bernard mais on ne va pas empêcher des études tels que celle ci de sortir, ou de communiquer là-dessus parce que des médias pourraient en faire des titres sensationnalistes.

 

C'est comme si dans les années 70-80, lorsqu'on avait découvert le RC et ses potentiels impacts dévastateurs, on avait empêché les études balbutiantes sur le RC ou la comm autour de ces dernières sous prétexte que des journaux allaient titrer : " En 2100, la Terre ressemblera à Vénus, chronique d'une fin du monde annoncé" :) .

 

On a besoin de ce genre d'études. Par exemple dans mon futur métier de technicien agroforesterie, j'ai besoin de savoir les probabilités des extrêmes climatiques dans le futur, car quand on plante des arbres, on voit sur un temps long. Et je crois ne pas être le seul lambda (je veux dire par là ne faisant pas partie du monde scientifique ou politique) à avoir besoin de ce genre d'études.

Par exemple, en sachant cela, et en voyant qu'actuellement on est mal parti pour calmer nos émissions de GES (sans parler des rétroactions positives), je vais faire des recherches du côté de l'agriculture Sahélienne en agro-foresterie avec des arbres supportant des écarts thermiques importants (entre le froid et le chaud) et des périodes de sécheresses prolongés, tout en étant profitable aux cultures.

 

Allez on boit un coup à la fin de l'agriculture française telle que nous la connaissons ! :D (j'en rigole, mais au fond ce n'est pas le cas...) :(

 

Bien sûr que l'on ne va pas empêcher ces études de sortir, loin de là mon propos mais le traitement médiatique qui en est fait ensuite on est bien obligé d'en ternir compte, et désolé  mais sur les médias généralistes telles que les chaînes d'info en continue regardées bien souvent du matin au soir sans interruption par la majorité des gens, le 50°C avant 2100 en France, il n'y a que ça qui passera en boucle , et les émissions sur le sujet qui passent sur Arte, parfois France Inter et comme cette semaine sur la Cinq dans C dans l'air ne restent  malheureusement que dans un milieu restreint .

 

Je sais qu'on sort du cadre purement scientifique de cette étude, mais on ne peut négliger le traitement médiatique qu'il en sera fait si on veut avancer justement efficacement sur la lutte contre le réchauffement climatique sans que les climatosceptiques s'enfoncent dans la brèche et décrédibilisent ces études auprès du grand public, et ce grand public il faudra bien qu'il soit impliqué aussi, notamment justement dans sa manière de consommer les produits alimentaires puisque c'est d'actualité .

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Si on a l'habitude de la prévision d'ensemble sur des régimes chaotiques hors de la fenêtre de prévisibilité, 1 événement extrême sur 1 scénario est un non-résultat  : aucun intérêt prévisionnel. Cela n'apporte rien de nouveau à ce que l'on sait déjà en terme prévisionnel. C'est cela que vous devez comprendre Sirius.

C'est la partie "mécanismes" qui est intéressante. Si cela se reproduit dans un modèle, il y a des mécanismes à retenir, aidant à mieux comprendre ce qui a pu se passer en 2003 et pouvant cibler les mécanismes à surveiller dans le futur.

Même si de façon générale, étudier 1 événement extrême venant de 1 scénario est hyper délicat voire déconseillé : le risque de crédibiliser les détails, à tort, est grand.

Edited by Cotissois 31

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Location : Dax (40)

Dans le fond l'étude est intéressante, mais c'est vrai que c'est dommage que l'essentiel du débat soit dévié sur le traitement médiatique d'un point de détail. C'était malheureusement prévisible : dans le cadre d'une étude plus large sur l'évolution thermique de nos été les chercheurs ont voulu tester le rendu du modèle sur une simulation de cas extrême, quelque part en le poussant à donner "le pire du pire". Ce pire du pire, c'est que le modèle leur a indiqué un potentiel d'atteindre les 50° en cas extrême et de manière localisée (probablement du genre quelques vallées de l'arrière pays méditerranéen où on fait déjà les 40° plusieurs fois par an). A coups de téléphone arabe, du jeu du c'est moi qui aurait le plus gros buzz et le plus grand nombre de clics, c'est devenu dans les torchons et tabloïds du "il fera 50° à Paris l'été à la fin du siècle".

 

Plus sérieusement, je reste comme Tomar assez sceptique sur cette possibilité de voir des Tx >= 50° en France métropolitaine, ne serait-ce que parce qu'on sait que même les régions qui bénéficient des conditions les plus extrêmes (vallée de la mort, déserts africains et du moyen-orient) n'atteignent pas forcément facilement de telles valeurs. On ne peut par conséquent qu'être dubitatifs sur la possibilité de les atteindre même dans les coins les plus favorables de France, même s'il doit quand même y avoir un fond de physique qui dit que c'est possible si le modèle l'a modélisé au cas extrême (ou alors c'est un problème du modèle).

 

Mais surtout, je pense que le vrai problème de l'évolution de nos étés français n'est pas tant à chercher dans le domaine purement thermique, mais aussi dans l'évolution de l'humidité. Je ne sais pas si l'étude évoque cette question (je ne l'ai pas lue), mais je me suis déjà souvent fait la réflexion que outre la hausse de la température en tant que telle, on observe aussi une hausse aussi forte sinon davantage dans les pics de Td ou tout simplement sur l'HR moyen en période de fortes chaleurs. Je n'ai jamais eu accès à suffisamment de données pour l'étudier plus sérieusement (pas beaucoup de sources sur le net sur ces paramètres), mais même sur des données parcellaires j'ai souvent du mal à trouver des valeurs de l'ordre du 18° voire 20° dans la moitié nord en remontant dans le passé, alors que cela devient de plus en plus fréquent depuis deux décennies. Et pour avoir vécu (ou plutôt survécu) pas plus tard que mardi dernier ce que cela pouvait donner de frôler les 25 de Td avec plus de 35° au thermomètre (et un humidex qui a chatouillé les 49), je peux garantir que l'humidité n'est vraiment pas un facteur à négliger.

 

Parce que même en cas de désertification probable de la péninsule ibérique, il n'en reste pas moins que notre pays, placé entre les influences méditerranéennes et atlantiques, restera particulièrement humide (même si c'est pas forcément en terme de précipitations) même en cas de fort réchauffement. Et les vagues de chaleurs, aussi intenses et durables qu'elles pourraient le devenir, devront composer avec cet aspect.

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Location : Forbach, Moselle.

Je suis assez d'accord là-dessus, ça se rapproche de ce que je rapportais en décembre dernier :

 

Citation

Je pense que c'est peu probable que 2003 devienne une année fraîche ou la norme, même dans un climat de plusieurs degrés plus chaud. Cela resterait un événement chaud. Alors oui, les modélisations montrent une montée en flèche des canicules type 2003 et même pire mais c'est aussi à replacer dans le contexte des modèles qui génèrent un réchauffement en tentant de préserver le plus possible la circulation générale connue (la stabilité de la cellule de Hadley par exemple). 

http://88.167.97.19/temp/Built for stability_ngeo1200.pdf

 

Si on regarde les analogues des paléoclimats à la situation attendue, par exemple le Miocène, on voit que le climat européen est globalement de type subtropical humide avec une faible amplitude saisonnière. Le caractère humide évitant aux températures de monter trop haut, avec en conséquence une chaleur limitée mais bien plus humide (donc niveau confort c'est pas une bonne nouvelle pour autant). On pourrait voir ça comme une hausse de la moyenne de la distribution, mais avec une baisse de la variance (c.a.d un aplatissement des extrémités). A ce niveau c'est probable qu'on atteigne les limites des modèles actuels, on verra bien maintenant.

 

La remarque qui peut néanmoins être faite sur l'analogie aux périodes chaudes passées tient du fait que les conditions ci-dessus sont représentatives d'un état climatique plutôt stabilisé. Il reste possible que durant la période de transition on puisse passer par un état ou le genre d'extrême cité plus haut est probable (le temps que tout le système s'ajuste). Il faudrait que je la retrouve, mais il y'avait aussi une étude qui montrait que la circulation atmosphérique dominante en Europe de l'ouest au Miocène était assez zonale.

En tout cas, d'un avis personnel, je me demande bien si la modélisation ne loupe pas quelque chose sur la modification de la circulation à grande échelle dans un climat 2/3°C plus chaud (et l'impact de celle-ci sur l'humidité des sols et la végétation).

Edited by Higurashi
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Il y a 1 heure, TreizeVents a dit :

Dans le fond l'étude est intéressante, mais c'est vrai que c'est dommage que l'essentiel du débat soit dévié sur le traitement médiatique d'un point de détail. C'était malheureusement prévisible : dans le cadre d'une étude plus large sur l'évolution thermique de nos été les chercheurs ont voulu tester le rendu du modèle sur une simulation de cas extrême, quelque part en le poussant à donner "le pire du pire". Ce pire du pire, c'est que le modèle leur a indiqué un potentiel d'atteindre les 50° en cas extrême et de manière localisée (probablement du genre quelques vallées de l'arrière pays méditerranéen où on fait déjà les 40° plusieurs fois par an). A coups de téléphone arabe, du jeu du c'est moi qui aurait le plus gros buzz et le plus grand nombre de clics, c'est devenu dans les torchons et tabloïds du "il fera 50° à Paris l'été à la fin du siècle".

 

Plus sérieusement, je reste comme Tomar assez sceptique sur cette possibilité de voir des Tx >= 50° en France métropolitaine, ne serait-ce que parce qu'on sait que même les régions qui bénéficient des conditions les plus extrêmes (vallée de la mort, déserts africains et du moyen-orient) n'atteignent pas forcément facilement de telles valeurs. On ne peut par conséquent qu'être dubitatifs sur la possibilité de les atteindre même dans les coins les plus favorables de France, même s'il doit quand même y avoir un fond de physique qui dit que c'est possible si le modèle l'a modélisé au cas extrême (ou alors c'est un problème du modèle).

 

Mais surtout, je pense que le vrai problème de l'évolution de nos étés français n'est pas tant à chercher dans le domaine purement thermique, mais aussi dans l'évolution de l'humidité. Je ne sais pas si l'étude évoque cette question (je ne l'ai pas lue), mais je me suis déjà souvent fait la réflexion que outre la hausse de la température en tant que telle, on observe aussi une hausse aussi forte sinon davantage dans les pics de Td ou tout simplement sur l'HR moyen en période de fortes chaleurs. Je n'ai jamais eu accès à suffisamment de données pour l'étudier plus sérieusement (pas beaucoup de sources sur le net sur ces paramètres), mais même sur des données parcellaires j'ai souvent du mal à trouver des valeurs de l'ordre du 18° voire 20° dans la moitié nord en remontant dans le passé, alors que cela devient de plus en plus fréquent depuis deux décennies. Et pour avoir vécu (ou plutôt survécu) pas plus tard que mardi dernier ce que cela pouvait donner de frôler les 25 de Td avec plus de 35° au thermomètre (et un humidex qui a chatouillé les 49), je peux garantir que l'humidité n'est vraiment pas un facteur à négliger.

 

Parce que même en cas de désertification probable de la péninsule ibérique, il n'en reste pas moins que notre pays, placé entre les influences méditerranéennes et atlantiques, restera particulièrement humide (même si c'est pas forcément en terme de précipitations) même en cas de fort réchauffement. Et les vagues de chaleurs, aussi intenses et durables qu'elles pourraient le devenir, devront composer avec cet aspect.

Je l'ai lu - rapidement - et en fait, ce sont les auteurs eux même qui indiquent que les 55 °C pourraient être atteints, y compris sur le nord de la France.

Abstract " y 2100, the increase in summer temperature maxima exhibits a range from 6°C to almost 13°C in the five regions in France, relative to historical maxima."

Les 12/13°C c'est pour le Nord et l'Est de la France, où, d'après les auteurs, des températures de plus de 42 °C ont déjà été enregistrées.

D'où de nouvelles Txx de l'ordre de 54/55 °C, dans le Nord et l'Est de la France.

 

La méthodologie, les calculs sont imparables, mais il y aurait un manque de recul à vouloir prendre cette modélisation au pied de la lettre. Et je pense que les auteurs auraient dû mettre un peu plus en perspective ces Txx modélisées et la réalité des climats terrestres aujourd'hui qui font douter que même avec 6°C de plus en Tm, on puisse exploser les Txx en France à ce point.

 

Ca fait un moment que je me pose la question de limite des Txx alors que le climat s'est réchauffé d'environ un degré (et notamment en été). Les récentes vagues de chaleurs ces dernières années  en Espagne vont dans ce sens je crois : on dépasse allègrement les 40, 42, même en mai, de plus en plus facilement (records en séries qui tombent presque tous les ans en Andalousie, au Levant, pour mars, avril, mai...). Mais les txx au coeur de l'été ne montent pas. On plafonne en Europe autour de 48°C, depuis des décennies.

 

J'aurais tendance à penser que c'est un peu ce qui nous attend, des canicules de plus en plus fréquentes, longues et précoces - et humides. Mais pas forcément tellement plus intenses en Txx de pointe.

Et même si on atteint pas 52 ou 55 °C, des Txx de 48 °C comme le dit sirius, ce serait déjà un autre monde pour nous.

 

 

Edited by Tomar
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il y a une heure, Higurashi a dit :

Je suis assez d'accord là-dessus, ça se rapproche de ce que je rapportais en décembre dernier :

 

 

La remarque qui peut néanmoins être faite sur l'analogie aux périodes chaudes passées tient du fait que les conditions ci-dessus sont représentatives d'un état climatique plutôt stabilisé. Il reste possible que durant la période de transition on puisse passer par un état ou le genre d'extrême cité plus haut est probable (le temps que tout le système s'ajuste). Il faudrait que je la retrouve, mais il y'avait aussi une étude qui montrait que la circulation atmosphérique dominante en Europe de l'ouest au Miocène était assez zonale.

En tout cas, d'un avis personnel, je me demande bien si la modélisation ne loupe pas quelque chose sur la modification de la circulation à grande échelle dans un climat 2/3°C plus chaud (et l'impact de celle-ci sur l'humidité des sols et la végétation).

Oui, je crois que c'est le point crucial, y a-t-il un point de bascule de la circulation globale où on changerait vraiment de régime ?

 

A court terme, les modèles montrent une "méditerranisation" de notre zone d'Europe occidentale avec en été un fort réchauffement et une aridification, alors que les climats du passé montre que ce n'était pas comme ça lors des périodes plus chaudes il y a qqs millions d'années, où on tendait plus vers un subtropical plus moite vers chez nous.

Va-t-on basculer vers un nouvel état de la circulation globale et à quel moment ?

Edited by Tomar

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Bon, on est donc loin du n'importe quoi me semble t il.

Il est tout à fait possible que les modèles loupent qq chose . Ca fait effectivement parti des choses à considérer mais l'étude n'a pas concerné l'humidité me semble t il. Elle est restreinte au cas de vague de chaleur 2003esque .

Citation

It comprises three exceptional heatwaves in 2075, 2097 and 2099

 

Ils n'ont tout simplement pas regardé cet aspect là.

 

Dans cette étude, ALADIN est "nourri" par les sorties du modèle CNRM C5. C'est celui qui a participé à CMIP5 . Sa sensibilité à l'équilibre est de 3,3 °C et la réponse transitoire est de 2,1°C . Il ne s'agit donc pas d'un de ces modèles qui auraient une sensibilité extrême.

par ailleurs, ALADIN a été testé sur les conditions actuelles et les records de chaleur simulés (records arrêtés  en 2005) sont proches des records observés pour les 5 régions (un bémol pour le NO )

Comme noté par Tomar, la méthodologie est imparable.

Il me semble que les objections relèvent un peu de l'incrédulité et du biais climatologique. Ca me rappelle celles des géographes quant au CO2 et au réchauffement dans les premiers temps du Programme National d'Etudes du Climat.

..."on dépasse rarement les 50°C même dans la Vallée de la Mort "...oui mais on a atteint ces 50° à Phoenix, cette année, non?   (je dis ça de mémoire, je peux me tromper, c'était peut être 49  mais c'est comme dans ce papier , on se fiche de la valeur exacte en fait:  elle serait très élevée !)

Edited by sirius
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il y a 16 minutes, sirius a dit :

..."on dépasse rarement les 50°C même dans la Vallée de la Mort "...oui mais on a atteint ces 50° à Phoenix, cette année, non?   (je dis ça de mémoire, je peux me tromper, c'était peut être 49  mais c'est comme dans ce papier , on se fiche de la valeur exacte en fait:  elle serait très élevée !)

 

Non, seulement 48,3 °C. 

50,0 °C, c'est le record absolu à Phoenix.

À Furnace Creek (vallée de la Mort), les 50 °C sont atteints facilement ; il y a eu plusieurs 51 à 53 °C cette année.

De là à retrouver de telles températures en France, même dans 50 ans, je n'y crois pas.

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Location : Muret(180 m) et Font-Romeu (1760m)
il y a une heure, sirius a dit :

Il me semble que les objections relèvent un peu de l'incrédulité et du biais climatologique. Ca me rappelle celles des géographes quant au CO2 et au réchauffement dans les premiers temps du Programme National d'Etudes du Climat.

 

 

La température en un point dépend du rayonnement, de l'advection, de la convection.

Le flux radiatif qui atteint la surface augmente du fait de l'ES, le flux de chaleur, à circulation égale, amené par l'advection également puisque la température globale augmente.

Le flux convectif diminue du fait de la siccité augmentée des sols.

Un sol sec perd moins de chaleur qu'un sol plus humide et sa température augmente.

 

C'est donc la double peine et je pense que c'est là qu'il faut chercher une bonne partie des records prévus.

 

Ensuite au niveau de la circulation, il me semble qu'en été avec le train des perturbations relégué de plus en plus vers le nord du fait du réchauffement, le zonal nous concerne encore moins à nos latitudes, c'est ce qui paraît logique dans les grands principes.

Et qui dit moins de zonal, dit augmentation de la température estivale.

C'est la triple peine.

 

Edited by meteor
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A toutes fins utiles, je signale que ces vagues de chaleur sont disponibles dans DRIAS

Ce n'est donc pas nouveau, ce qui l'est, c'est l'analyse fine via ALADIN.

Edited by sirius
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Location : Saint Jean Sur Richelieu (40 km au Sud-Est de Montréal)- CANADA

Des canicules d'une durée de 100 jours.. c'est chose possible concrètement ? :o

 

En tout cas si cette projection n'est pas une intox on va vite comprendre que 2003 c'était normal ... et presque sous les normales à terme!

 

ça parait quand même assez énorme..la végétation va t-elle tenir? changer dans le siècle?

Edited by mickael23
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Location : Forbach, Moselle.
il y a 30 minutes, meteor a dit :

Ensuite au niveau de la circulation, il me semble qu'en été avec le train des perturbations relégué de plus en plus vers le nord du fait du réchauffement, le zonal nous concerne encore moins à nos latitudes, c'est ce qui paraît logique dans les grands principes.

Et qui dit moins de zonal, dit augmentation de la température estivale.

 

C'est vrai, mais rien ne dit que cette remontée se fait ou se fera "en bloc". Il est probable qu'à force de s'étendre, les bords de la cellule de Hadley deviennent instables ou qu'elle se modifie sensiblement pour d'autres raisons (liées à la dynamique tropicale, entre autres). Ce serait cohérent avec les données paléoclimatiques qui ne montrent pas une Europe brûlante et plus sèche durant les dernières périodes très chaudes (ce qui suggère que ça "tourne" autrement). 

 

Du coup, je rejoins Tomar sur le fait qu'une bascule semble s'opérer à un moment, entre la réponse du système à court terme et sa réponse à moyen/long terme. Dans cette perspective, si la trajectoire est bien d'aller vers un contexte progressivement plus humide, les probabilités d'atteindre des valeurs très élevées iront logiquement en diminuant (mais à quelle échelle temporelle ?). 

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