
charles.muller
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Sirius est moins définitif que toi /emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20"> : Mon propos n'est pas de reconstruire tout le XXe siècle : les modèles sont supposés le faire mieux que nous, avec toutes les données et les équations nécessaires (quoiqu'une bonne partie d'entre eux se passent du forçage solaire, hypothèse apparemment inutile, cf. tableau 10.2.1 IPCC 2007, ce qui rend encore plus mystérieuse leur si précise reconstruction de la hausse 1916-1945). C'est plutôt de comprendre pourquoi une proportion plus importante de GES atm. ne se traduit pas par un réchauffement plus important en 1977-2006 qu'en 1916-1945. Plus d'ES, cela réchauffe plus ? Si oui, quel est le forçage négatif entre 1916-45 et 1977-06 pour que plus d'ES réchauffe pareil ? Il y aurait bien eu les aérosols, mais les graphiques plus haut n'orientent guère vers cette hypothèse...
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Je reprends ici un argumentaire posté dans une aure discussion qui avait dévié de son thème initial. Les activités humaines font partie des causes du réchauffement, tout le monde est d'accord. Savoir dans quelle proportion et avec quel effet à l'équilibre, c'est une autre paire de manche. Il est d'usage de dire : le réchauffement récent 1977-2006, dont la carte et la pente sont données au début de ce post, porte la marque distinctive des GES anthropiques. Et ceux qui défendent ce point de vue posent une question toute bête : à part les activités humaines, qu'est-ce qui peut donc expliquer la hausse 1979-2006, et surtout 1990-2006, avec tous les "records" des années récentes ? Je vois quatre réponses possibles. Il y a la variabilité naturelle : les deux plus puissants El Nino jamais enregistrés sont dans cette période, de même que la plus longue série de NAO+ par exemple. Mais cette variabilité peut elle-même être forcée par les activités humaines (sujet assez spéculatif pour le moment, mais hypothèse de travail très légitime). Il y a la cause solaire. Si l'on prend les tâches, valeur très faible en 1970, retour à des valeurs hautes en 1980 et 1990, plus faible en 2000 (donc : pas de tendance claire de l'irradiance au sein de la période, mais une irradiance de cette période globalement plus forte que celle des années 1960-80 centré sur le faible maximum autour de 1970). Il y a la baisse de nébulosité/hausse d'insolation depuis le début des années 1990 (le global brightening). Elle représenterait un forçage transitoire supérieur aux GES selon certains auteurs (Wild, Pinker). Mais elle pose aussi des problèmes (qualité de mesure de l'albedo terrestre, répartition des nuages, qualification exacte de leurs effets radiatifs, etc.). Il y a enfin les évolutions des émissions d'aérosols anthropiques, dont on trouve les schémas ci-dessus et qui sont à la baisse (pour le SO2 et la suie de carbone) depuis trois décennies dans les régions industrialisées (une seule décennie en Asie). Ces quatre éléments sont à mon avis susceptibles d'expliquer en partie les variations de T observées lors du réchauffement 1977-2006, en association et en synergie avec les GES bien sûr. Il y en a peut-être d'autres. Mais s'il est démontré que ces quatre éléments ne sont pas pertinents et qu'il n'y en a pas d'autres, alors presque tout le réchauffement récent est dû aux GES.
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Nota : pour une discussion plus générale sur le profil du réchauffement actuel, je suggère de continuer sur un autre post ouvert en ce moment et qui s'en rapproche plus, /index.php?showtopic=17426&st=0&gopid=348383'>ici. J'y poste notamment les données chiffrées sur les aérosols dont je parle un peu plus haut.
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Pour les aérosols anhropiques, voici les tendances récentes extraites d'une présentation de M. Wild 2006, selon les données de Streets 2006 (ref. ci-dessous). On constate bien une baisse des émissions en régions industrialisées au cours des vingt dernières années, sauf en Asie où la baisse ne commence que vers 1995. Réf. : GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 33, L15806, doi:10.1029/2006GL026471, 2006 Two-decadal aerosol trends as a likely explanation of the global dimming/brightening transition David G. Streets, Ye Wu, Mian Chin Abstract - Global average trends in solar radiation reaching the Earth's surface show a transition from dimming to brightening that occurred in about 1990. We show that the inter-annual trend in solar radiation between 1980 and 2000 mirrors the trend in primary emissions of SO2 and black carbon, which together contribute about one-third of global average aerosol optical depth. Combined global emissions of these two species peaked in 1988–1989. The two-decadal rate of decline in aerosol loading resulting from these emission changes, 0.13% yr−1, can be compared with the reported increase in solar radiation of 0.10% yr−1 in 1983–2001. Regional patterns of aerosol and radiation changes are also qualitatively consistent. We conclude that changes in the aerosol burden due to changing patterns of anthropogenic emissions are likely contributing to the trends in surface solar radiation.
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Ben tiens, en cherchant, je tombe pile sur une nouvelle étude des GRL à ce sujet qui lie effectivement la baisse des aérosols (SO2, suie de carbone) à celle de la nébulosité sur la période considérée (et donc à la hausse de l'insolation de surface). GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 33, L15806, doi:10.1029/2006GL026471, 2006 Two-decadal aerosol trends as a likely explanation of the global dimming/brightening transition David G. Streets Decision and Information Sciences Division, Argonne National Laboratory, Argonne, Illinois, USA Ye Wu Energy Systems Division, Argonne National Laboratory, Argonne, Illinois, USA Mian Chin NASA Goddard Space Flight Center, Greenbelt, Maryland, USA Abstract : Global average trends in solar radiation reaching the Earth's surface show a transition from dimming to brightening that occurred in about 1990. We show that the inter-annual trend in solar radiation between 1980 and 2000 mirrors the trend in primary emissions of SO2 and black carbon, which together contribute about one-third of global average aerosol optical depth. Combined global emissions of these two species peaked in 1988–1989. The two-decadal rate of decline in aerosol loading resulting from these emission changes, 0.13% yr−1, can be compared with the reported increase in solar radiation of 0.10% yr−1 in 1983–2001. Regional patterns of aerosol and radiation changes are also qualitatively consistent. We conclude that changes in the aerosol burden due to changing patterns of anthropogenic emissions are likely contributing to the trends in surface solar radiation.
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Oh, ce n'est pas si polémique : les activités humaines font partie des causes du réchauffement, tout le monde est d'accord. Savoir dans quelle proportion et avec quel effet à l'équilibre, c'est une autre paire de manche. La bonne question serait : à part les activités humaines, qu'est-ce qui peut donc expliquer la hausse 1979-2006, et surtout 1990-2006 ? Il y a la variabilité naturelle : les deux plus puissants El Nino jamais enregistrés sont dans cette période, de même que la plus longue série de NAO+ par exemple. Mais cette variabilité peut elle-même être forcée par les activités humaines (sujet assez spéculatif pour le moment, mais hypothèse de travail très légitime). Il y a la cause solaire. Si l'on prend les tâches, valeur très faible en 1970, retour à des valeurs hautes en 1980 et 1990, plus faible en 2000 (donc : pas de tendance claire de l'irradiance au sein de la période, mais une irradiance de cette période globalement plus forte que celle des années 1960-80 centré sur le faible maximum autour de 1970). Il y a la baisse de nébulosité/hausse d'insolation depuis le début des années 1990 (le global brightening). Elle représenterait un forçage transitoire supérieur aux GES selon certains auteurs (Wild, Pinker). Mais elle pose aussi des problèmes (qualité de mesure de l'albedo terrestre, répartition des nuages, qualification exacte de leurs effets radiatifs, etc.). Il y a enfin les évolutions des émissions d'aérosols (par exemple essence sans plomb), mais j'ai peu de données quantifiées et globales à ce sujet.
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"Une Vérité Qui Dérange" : Le Film
charles.muller a répondu à un sujet de UneBulleDeSavon dans Archives
Ah non, tu m'as donné le lien vers un groupe de travail canadien qui se penche sur la question et leurs travaux, que je n'ai pas eu le temps d'examiner encore en détail, indiquent à première vue que la dynamique du dendroctone est autrement plus complexe que les slides réchauffés de Mister Gore (ce qu'a confirmé au passage notre ami forestier BTC). C'est la proportion inverse : il surfe à 95% sur une présentation inexacte ou incomplète des questions climatiques. Je peux imaginer exactement le même docu réalisé par un sceptique militant avec des conclusions opposées pour quasiment tous les sujets abordés (courbe d'Esper ou Moberg au lieu de Mann, absence de corrélation CO2 / T selon l'échelle choisie, plusieurs siècles de retard entre hausse T et hausse CO2 dans les interglaciaires, saison cyclonique Atlantique 2006 minable en plein réchauffement "exceptionnel" de notre période, absence de statistiques concluantes sur la hausse des phénomènes extrêmes 1900-2000, gain de productivité des récoltes en milieu CO2 enrichi, diminution de la mortalité hivernale dans tout l'HN, etc. etc.) et tout cela sans jamais mentionner les travaux allant dans le sens contraire ou concluant à des effets négatifs du RC. Tu serais sans doute choqué par une telle présentation univoque et engagée de la question du RC : je m'étonne que l'on ne soit pas pareillement choqué quand l'absence d'objectivité et de précision est du côté de l'alarmisme. Je ne suis pas vraiment expert (c'est bien cela qui m'inquiète dans l'avis approbateur et sans nuance de certains vrais experts !). Le fait est que les sondages après sa diffusion aux USA montrent qu'une majorité (plus de 60% je crois) d'Américains sont favorables à une réduction des GES. -
A ce propos des caractéristiques d'un réchauffement ES, j'avais posté voici quelques semaines une question restée sans réponse en paléo. C'est un peu HS par rapport à ce sujet, mais j'aimerais bien avoir ton avis.Dans une recherche sur les Tx et Tn, je suis tombé sur l'article ci-dessous. Le réchauffement 1979-2004 aurait à peu près équilibré les hausses des maxima et des minima (0.295 vs. 0.287°C / dec−1) ce qui n'était pas le cas auparavant. Comme le soulignait IPCC 2001 : "The overall global trend for the maximum temperature during 1950 to 1993 is approximately 0.1°C/decade and the trend for the minimum temperature is about 0.2°C/decade. Consequently, the trend in the DTR is about -0.1°C/decade. The rate of temperature increase for both maximum and minimum temperature over this period is greater than for the mean temperature over the entire 20th century, reflecting the strong warming in recent decades." Il me semblait que l'effet de serre est censé dans l'ensemble accentuer le réchauffement nocturne / diurne, et donc les Tn plutôt que les Tx (parce que les nuits sont plus claires, donc que l'absorption IR des GES a plus d'effet relatif). Est-ce le cas ? Et comment interpréter ce changement de tendance en 1979-2004 par rapport aux autres facteurs influençant le DTR, notamment la nébulosité? Peut-on voir dans l'assez forte augmentation relative des Tx un signe des évolutions notées par l'ISCCP (moins de nuages bas, plus de nuages hauts) ? GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 32, L23822, doi:10.1029/2005GL024379, 2005 Maximum and minimum temperature trends for the globe: An update through 2004 Russell S. Vose David R. Easterling Byron Gleason Abstract - New data acquisitions are used to examine recent global trends in maximum temperature, minimum temperature, and the diurnal temperature range (DTR). On average, the analysis covers the equivalent of 71% of the total global land area, 17% more than in previous studies. Consistent with the IPCC Third Assessment Report, minimum temperature increased more rapidly than maximum temperature (0.204 vs. 0.141°C dec−1) from 1950–2004, resulting in a significant DTR decrease (−0.066°C dec−1). In contrast, there were comparable increases in minimum and maximum temperature (0.295 vs. 0.287°C dec−1) from 1979–2004, muting recent DTR trends (−0.001°C dec−1). Minimum and maximum temperature increased in almost all parts of the globe during both periods, whereas a widespread decrease in the DTR was only evident from 1950–1980.
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Un milliard d'arbres pour lutter contre le réchauffement
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
Une analyse dans le dernier Science : un feu de forêt boréale aurait pour effet d'accroître le réchauffement à court terme, mais de le diminuer à long terme (notamment en raison de l'albedo, minimal pour la canopée, mais plus important pour un sol vierge). Ainsi, dans le cas d'un feu en Alsaka en 1999, les mesures in situ indiquent un albedo de surface en baisse de -5 W/m2 annuels dans les années qui suivent. Science 17 November 2006: Vol. 314. no. 5802, pp. 1130 - 1132 DOI: 10.1126/science.1132075 The Impact of Boreal Forest Fire on Climate Warming J. T. Randerson,1* H. Liu,2 M. G. Flanner,1 S. D. Chambers,3 Y. Jin,1 P. G. Hess,4 G. Pfister,4 M. C. Mack,5 K. K. Treseder,1 L. R. Welp,6 F. S. Chapin,7 J. W. Harden,8 M. L. Goulden,1 E. Lyons,1 J. C. Neff,9 E. A. G. Schuur,5 C. S. Zender1 We report measurements and analysis of a boreal forest fire, integrating the effects of greenhouse gases, aerosols, black carbon deposition on snow and sea ice, and postfire changes in surface albedo. The net effect of all agents was to increase radiative forcing during the first year (34 ± 31 Watts per square meter of burned area), but to decrease radiative forcing when averaged over an 80-year fire cycle (–2.3 ± 2.2 Watts per square meter) because multidecadal increases in surface albedo had a larger impact than fire-emitted greenhouse gases. This result implies that future increases in boreal fire may not accelerate climate warming. -
Le Gulf Stream a été en panne pendant 10 jours en novembre 2004
charles.muller a répondu à un sujet de psncf dans Archives
Dans Science cette semaine, dernières nouvelles de la THC : à la conférence RAPID de la fin du mois dernier, Bryden lui-même admet que les amplitudes naturelles de la THC sont plus importantes que prévues, et comparables sur une année à la tendance qu'il avait cru déceler sur plusieurs décennies. Pas d'affaiblissement de la THC en vue, donc, et sans doute pas d'interprétations fiables avant quelques décennies de mesure. On appréciera à nouveau la grande précision journalistique du Guardian Science 17 November 2006: Vol. 314. no. 5802, p. 1064 News of the Week GLOBAL CLIMATE CHANGE: False Alarm: Atlantic Conveyor Belt Hasn't Slowed Down After All Richard A. Kerr A closer look at the Atlantic Ocean's currents has confirmed what many oceanographers suspected all along: There's no sign that the ocean's heat-laden "conveyor" is slowing. The lag reported late last year was a mere flicker in a system prone to natural slowdowns and speedups. Furthermore, researchers are finding that even if global warming were slowing the conveyor and reducing the supply of warmth to high latitudes, it would be decades before the change would be noticeable above the noise. The full realization of the Atlantic's capriciousness comes with the first continuous monitoring of the ocean's north-south flows. In March 2004, researchers of the Rapid Climate Change (RAPID) program moored 19 buoyant, instrument-laden cables along 26.5°N from West Africa to the Bahamas. A few months later, they steamed along the same latitude, lowering instruments periodically to take an instantaneous "snapshot" of north-south flows. While waiting for the moored array to produce long-term observations, physical oceanographer Harry Bryden and his team at the National Oceanography Centre in Southampton, U.K., compared the 2004 snapshot with four earlier instantaneous surveys dating back to 1957. They found a 30% decline in the northward flow of the conveyor (Science, 2 December 2005, p. 1403), sparking headlines warning of Europe's coming ice age. The first year of RAPID array observations has now been analyzed, and the next European ice age looks to be a ways off. At a RAPID conference late last month in Birmingham, U.K., Bryden reported on the first continuous gauging of conveyor flow. Variations up and down within 1 year are as large as the changes seen from one snapshot to the next during the past few decades, he found. "He observed a lot of variability," says oceanographer Martin Visbeck of the Leibniz Institute of Marine Science at the University of Kiel in Germany, who attended the meeting; so much variability that "more than 95% of the scientists at the workshop concluded that we have not seen any significant change of the Atlantic circulation to date," wrote Visbeck in a letter to the British newspaper the Guardian. Although the immediate threat has evaporated, a difficult challenge has taken its place. "Scientific honesty would require records for decades" in order to pick out a greenhouse-induced slowing, says physical oceanographer Carl Wunsch of the Massachusetts Institute of Technology in Cambridge. "How do you go about doing science when you need decades of record?" For their part, RAPID researchers will be asking for funding to extend array operations to a decade, says Bryden. Then some combination of government agencies would have to take on the burden of decades of watchful waiting. -
"Une Vérité Qui Dérange" : Le Film
charles.muller a répondu à un sujet de UneBulleDeSavon dans Archives
Je ne censure rien. Al Gore a le droit de tout mélanger en rattachant toutes les catastrophes du monde au RC anthropique. Jouzel a le droit de dire : "Concernant les sources qu'il utilise, je n'ai aucun reproche à lui faire ; tout ce qu'il dit est exact." Cela fait bien marrer soit les spécialistes de certains sujets (virus du Nil, dendroctone, etc.) soit les gens qui ont un minimum de connaissances climatiques et d'esprit critique.De toute façon, il y a deux publics : ceux qui ont envie d'avoir peur, ceux qui ont envie de comprendre. Le docu s'adresse au premier public, il est très efficace, rien à dire : tout le monde pleurniche en voyant les victimes de Katrina, tout le monde enrage en voyant Bush ou une centrale thermique, le cerveau limbique du spectateur est parfaitement saturé d'émotions binaires. Le second public, en revanche, va tomber de haut s'il désire approfondir quelque peu chaque point du docu. S'apercevoir que l'on a été manipulé est un puissant vecteur de scepticisme. Donc, je remercie Gore de son pâté propagandiste, et Jouzel de sa caution de spécialiste. -
Pour les aérosols, on trouve cette carte chez Robertson et al. 2001 : Lien : http://www.ncdc.noaa.gov/paleo/pubs/robert...ertson2001.html
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Oui tu as raison pour les aérosols, j'avais sans doute en tête l'estimation d'un travail précis, mais en fait, cela va en fait de quelques heures à parfois plusieurs semaines selon la vitesse du lessivage et d'autres facteurs. Sur les courbes, je ne comprends pas trop : elles se ressemblent simplement par leur pente (du moins les deux périodes que j'ai comparée). Si c'est la localisation du réchauffement (les cartes plutôt que les courbes), on retrouve la même amplification polaire, les principales différences pour l'HN réside dans la masse continentale eurasiatique et pour l'HS en Afrique. Le fait qu'il y ait déjà amplification polaire déjà très forte au début du XXe siècle est intéressant. Sinon, j'admets volontiers que la variabilité naturelle du climat puisse entrer en ligne de compte, de même que les grandeurs considérées sont quand même très faibles. Simplement, cela rompt avec le discours si souvent colporté: "le réchauffement exceptionnel des dernières décennies indique clairement l'origine anthropique du phénomène". Ce n'est en fait pas si "clair" que cela.
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Non, cela ne paraît pas possible /emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20"> Même s'il y forte baisse de l'activité solaire par cycle Suess (ce que j'espère, car toute variation significative d'un cycle solaire à l'autre permettrait de valider ou d'infirmer les modèles), cela n'empêche que le forçage radiatif des GES anthropiques est toujours présent et qu'il ne peut pas physiquement accentuer un refroidissement (quand on rajoute de l'ES, on réchauffe d'une manière ou d'une autre).
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Un milliard d'arbres pour lutter contre le réchauffement
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
Merci beaucoup de ces nouvelles précisions. L'éclairage des spécialistes /praticiens de chaque secteur est vraiment enrichissant. -
Un milliard d'arbres pour lutter contre le réchauffement
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
Merci beaucoup Damien. Visiblement, c'est la bonne pioche ! A voir la répartition naturelle du dendroctone d'une part, la liste impressionnante des publications et pistes de recherche d'autre part, j'ai l'impression que l'équation simpliste d'Al Gore dendroctone = RC = mort de la forêt canadienne est encore une manipulation grossière. Mais je vais tâcher d'identifier et de lire les travaux les plus pertinents de cette équipe. -
Oui, ce serait utile. (A ce propos, suite à un crash informatique, j'ai perdu pas mal de mes liens et je ne remets plus la main sur un site très utile qui rassemble un grand nombre de données paléo directement accessibles en txt ou en xls. Si un lecteur voit à quel site je fais allusion, le lien m'intéresse, cela m'évitera de rechercher partout. Merci d'avance). Sur les aérosols, plusieurs points. D'abord, il faudrait une estimation plus précise de l'évolution du forçage volcanique au cours du XXe siècle. En tout état de cause, je crois me souvenir qu'elle est assez faible dans les bilans du GIEC, mais sa répartition exacte serait utile. Ensuite, ces aérosols volcaniques sont une donnée moins pertinente que les aérosols anthropiques, dont les effets directs et indirects sont supposés bcp plus élevés. Et c'est là que cela coince. > Soit il y a plus d'aérosols dans l'atmosphère en 1945-1975 qu'en 1975-2000, et cela explique bien la stagnation 45-75, mais cela minimise les GES 75-00 (le réchauffement récent est aussi imputabe à cette baisse, dans des proportions inconnues car on connaît très mal les aérosols). > Soit il y a plus d'aérosols en 1975-2000 qu'en 1945-75, mais cette dernière stagnation 45-75 devient totalement incompréhensible (dans ce cas en effet, les GES sont très puissants, vu qu'ils réchauffent malgré la hausse aérosols 75-00, mais ils devraient alors aussi être puissants en 45-75 et aboutir à une hausse soutenue sur cette période, où il y aurait moins d'aérosols de surcroît). Un autre point sur les aérosols anthropiques est qu'ils ont une durée de vie courte (moins de 24 heures), donc qu'ils sont censés agir surtout près des lieux d'émissions, à savoir l'HN plutôt que l'HS. Enfin je crois, à confirmer. Pour suivre, je rappelle la courbe classique des Tm :
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Modélisation du cycle du carbone et impacts climatiques
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
Je reviens sur ce tableau de reconstruction du pH océanique par Pearson et Palmer. Un point intéressant est que les valeurs pH de 7,7 (baisse de 0,4) ne semblent atteintes, voire dépassées que dans les périodes les plus instables du Paléocène, là où le taux de CO2 est plutôt estimé entre 1000 et 2000 ppm justement. Avant 45 Ma, les fluctuations de 400 à 1000 ppm ne font jamais tomber le pH en dessous de 7,79, valeur minimale que l'on trouve à 45 Ma. C'est évidemment une reconstruction grossière en résolution temporelle (et j'avais lu des réserves sur l'interprétation du bore). Mais enfin, cela rappelle utilement que les modèles biogéochimiques d'estimation du pH (comme Caldeira 2003 repris par IPCC 2007) sont encore dans l'enfance. -
Modélisation du cycle du carbone et impacts climatiques
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
Merci de ces liens, David. Nous sommes finalement à peu près d'accord, la résolution GeoCarb III de 10 millions d'années n'excluant pas forcément des phases de 6-7 millions d'années à 2000 ppm. Ce que je ne saisis toujours pas très bien à ce stade, c'est que la hausse semble attribuée à l'épisode P/E, alors que les reconstructions par le bore donne des valeurs déjà élevées dès le début du Paléocène (dès 62 Ma), en suite assez logique du Mésozoïque. A creuser. Pour ce qui nous concerne ici, le papier de Zachos et al dans Science est assez intéressant. La crise du PETM a été brutale (à l'échelle géologique) : Pour cette raison, les chercheurs de cette étude suspectent le méthane plus que le CO2 (déstabilisation massive des hydrates, sans précision de la cause. Tectonique ?). Mais d'autres travaux insistent sur le rôle du volcanisme. L'extinction P/E a été beaucoup plus marquée pour la faune benthique que la faune planctonique : Les chercheurs soulignent (ci-dessus toujours) que la consommation totale des réserves fossiles estimées (4500 Gt) auraient un effet similaire, et même aggravé (en 300 ans au lieu de 1000 à 10 000 ans). Il est à noter aussi (je prends cette fois le lien wikipedia) que le dépôts normaux de carbonates en sédiment (témoignant de l'activité biologique au-dessus) auraient repris en 60.000 ans, ce qui est relativement court à nouveau pour des temps géologiques et pour les valeurs de hausse concernées. La conclusion provisoire est que l'acidification des océans est un dossier à suivre de près (pas très original je l'admets /emoticons/sleep@2x.png 2x" width="20" height="20"> ). Je vais faire quelques recherches sur la généalogie de certaines espèces actuelles à calcification, pour voir dans quel contexte alcalin on suppose qu'elles ont émergé. Je pense que c'est beaucoup pus tardif au cours du Cénozoïque. Un dossier de Futura sciences signalait que les lignées les plus ancestrales apparaissent au Mésozoïque (en période encore plus acide donc), mais de l'eau a coulé sous les ponts depuis cette époque, bien sûr. Il me semble qu'un ptéropode benthique a été récemment et intégralement séquencé, il y a peut-être des travaux sur l'arbre phylétique moléculaire. -
"Une Vérité Qui Dérange" : Le Film
charles.muller a répondu à un sujet de UneBulleDeSavon dans Archives
Merci de cette source, cela me sera utile. Je comprends qu'un chercheur soit heureux qu'un politicien exprime ses arrière-pensées sans la réserve d'usage pour les scientifiques. Attribuer le Kilimanjaro, le lac Tchad, l'exil de population océanienne, etc. au RC serait donc "exact". Parfait, la climatologie politico-médiatique perd ainsi un peu plus de sa crédibilité. -
Un milliard d'arbres pour lutter contre le réchauffement
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
A ce propos, j'ai une question assez précise : dans son documentaire, Al Gore évoque les ravages du dendroctone du pin au Canada, ravages qu'il attribue aux effets du RC. Je n'ai pas trouvé pour le moment d'article à ce sujet (il y en a un récent sur cette espèce aux USA dans le JGR 2006 de mémoire, pas très concluante, mais pas au Canada). As-tu des infos à ce thème ? Existe-t-il des menaces similaires dans certaines régions françaises où les pins dominent ? -
Un milliard d'arbres pour lutter contre le réchauffement
charles.muller a répondu à un sujet de david3 dans Archives
Bonjour AlainOui, je pense (sans avoir étudié la question) que le bilan biodiversité d'une forêt primaire par rapport à celui d'une forêt reconstituée est assez médiocre (ce n'est pas le cas du bilan carbone). Dans le premier cas, s'il n'y a pas eu travail de terrain des zoologistes, des botanistes, etc. on se prive sans doute de la découverte de pas mal d'espèces / sous-espèces rares. -
Sur le lien NASA Giss plus haut, on peut construire automatiquement des cartes en fonction Anomalies (par rapport à une période de référence) ou en fonction Trends (au sein d'une période donnée). C'est cette dernière fonction que j'ai utilisée. Je pense qu'il s'agit d'une moyenne mobile sur la période, donnant la pente de la tendance sur X années par régression linéaire, comme le suggère Lozere un peu plus haut. Il a raison sur le sensibilité au choix de l'année initiale. Par exemple, si je prends 1996-2006 (11 ans) ou 1998-2006 (9 ans), cela donne des résultats différents. Pour la première, on retrouve le schéma plus familier d'un réchauffement. Pour la seconde, encore une stabilité, voire un léger rafraichissement pour l'Europe. Comme je pensais que 2003 et 2006 avaient été très chauds sur notre pays, j'étais étonné que la pente 1997-2006 ne soit pas plus prononcée. Mais si 1997 a en fait été une année record, c'est moins étonnant. Evidemment, plus on élargit la période, plus on augmente de la significativité et plus on trouve la tendance réelle du climat sur le long terme (ci-dessous : tendances sur 20 et 30 dernières années).
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Voici deux cartes de tendance des T surface sur trois décennies, extraites de la base de données NASA-GISS : 1916-1945 (premier réchauffement du XXe siècle) 1977-2006 (trois dernières décennies). Comme on le voit, la tendance du début du XXe siècle est de 0,41 °C / trois décennies, celle la plus récente de 0,49°C / décennie, soit une différence de moins de 0,03°C/décennie dans les rythmes de réchauffement. Une différence inférieure à la marge d'erreur des mesures, donc objectivement assez négligeable. Ce qui dément soit dit en passant le caractère "exceptionnel" du réchauffement récent, du moins pour la seule approche quantitative des T moyenne globale, métrique dominante pour évoquer le RC. Mais la question n'est pas là. L'énigme à résoudre, c'est : comment est-il possible que la différence soit si ténue alors que la concentration de GES a considérablement augmenté entre les deux périodes ? (+60 ppm environ pour le CO2, +500 ppb environ pour le CH4, et les autres bien sûr). Le problème admet forcément des solutions. La plus simple est que soleil+GES (1916-45) = GES seuls (1977-2006). Il faut dans ce cas admettre que le soleil a influé le premier réchauffement et supposer que les GES sont seuls responsables du second. Mais viennent se greffer les aérosols : sont-ils en même proportion relative entre 1945 et 2006 (ils ne s'accumulent pas) ? Si oui, comment expliquer alors la baisse des T 1945-1975, au moment où les GES continuaient d'augmenter ? Si non (si les aérosols ont baissé depuis 1975), les GES ne sont plus seuls responsables du réchauffement 1977-2006. On peut aussi dire que ces variations sont trop faibles par rapport à la variabilité chaotique. Mais ce n'est pas le discours que l'on entend habituellement dans la bouche des chercheurs.
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Le mois d'octobre étant disponible, on peut faire sur le site NASA GISS la tendance des dix dernières années 1997-2006, sur la base nov-oct. Or, à ma grande surprise, j'obtiens la carte suivante : La surprise vient en l'occurrence de la France et de l'Europe occidentale et de l'Afrique du Nord, qui auraient été stables sur cette période. Comme c'est la région qui se réchauffe le plus depuis trente ans (avec l'Alaska et l'Arctique), je suis un peu étonné. Est-ce un bug des bases utilisées par NASA GISS ? Ceux qui suivent les stations françaises savent-ils s'il y a hausse entre 1997 et 2006 ? Ou si cette pause est confirmée ? Merci d'avance. NASA GISS : http://data.giss.nasa.gov/