Wilfried63

Suivi de la secheresse

1 226 messages dans ce sujet

Pour revenir pleinement dans le sujet, de ce côté ci de la Vendée, on attend toujours la dégradation prévu cette semaine, une seule averse de 6mm au compteur ce matin, c'est donc sec quand on soulève une motte de terre. Encore 2 jours de possibilités, je reste donc optimiste pour un petit 20mm cumulé avant la dorsale prévue ce weekend.

 

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Sebb, les produits laitiers et la viande consommés comme ils le sont, à part donner des boutons, je ne vois pas ce que ça apporte.

 

Il faudrait en effet plus d'arbres, car même les haies sont petites en hauteur, je ne vois rarement d'arbres matures, hauts sur tiges (30 mètres et +). Et ce sont ces arbres qui peuvent freiner le vent en hauteur. En ralentissant le vent en hauteur (aspérité), ils en viennent à ralentir un peu le vent plus haut en altitude, donc plus de flotte à "égal" temps dépressionnaire... C'est dans les vieux bouquins agricole et d'économie rural!

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Première pluie à Nice hier (3,1mm) depuis le 19 mai (0,2mm).

Beau temps annoncé jusqu'au 8 juillet, le cumul pluviométrique de juin en restera donc sûrement là, soit -91% par rapport à la normale.

De plus, beaucoup de vent annoncé aujourd'hui et demain, donc les sols vont très vite redevenir secs en surface.

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0.5mm ici hier, la série sans jour de pluie continue donc, 41 jours sans pluie à Saint-Raphael.

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Les restrictions d'eau continuent... L'ouest du pays est le plus touché, mais le sud-est commence à se colorer...
 
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Il y a 21 heures, sebb a dit :

Puis dire que le maïs n'est pas adapté en France, ce n'est pas exact, puisque tous les agriculteurs qui ont creusé des étangs n'ont pas de soucis d'irrigation, ce qui veut dire que le climat et ses sécheresses ne sont pas marquées au point d'empêcher un agriculteur de cultiver du maïs dés lors qu'il dispose d'un étang.

Voilà l'hérésie première !!! Pas besoin de résumer l'ineptie que tu avances n'est ce pas?Mais je creuse une peu, donc en  te lisant : Creusons un trou, (avec des conséquences certaines sur la micro faune locale), amenons y de l'eau pour le remplir (en détournant une partie du débit utile par ailleurs) et la céréale cultivé ainsi devient une céréale adaptée au climat local. Je commence à penser que tu fais exprès de dire des conneries de ce calibre et tu provoques ?. Ou bien cela relève d'une structuration mentale à laquelle je n'adhère pas et qui est l'une des caractéristiques de ces grands penseurs économico-financiers qui "pensent", tant qu'il y a du fric à faire ou bien puisque nous sommes engagés dans des investissements monstrueux (mais qui nous rapportent) et bien continuons le délire plutôt que de regarder ce que l'on peut faire de raisonné là où le milieu nous le suggère.

Modifié par pastourelle
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Bon, qui est paysan ici..? Laissez nous faire notre job.. Vous nous prenez un peu pour des pigeons les gens. On connait le marché, faisons de la comptabilité analytique, gérons des éco-systhème, etc.. Je suis bio mais avant tout agriculteur. L'agroforesterie, la perma, l'agriculture de conservation (travail réduit du sol sans labour), les cultures associées, les variétés anciennes (engrain, amidonnier, camélinne, soja, ), les méteils (pois-blé-triticale invétis) pour palier au maïs, la valorisation de l'azote (ammonique ) par pendillard, etc.. on connait. Le blé n'est que très peu donné aux bétails.. Les problème resteront toujours le sec, le froid tardif, le surplus de flotte etc..!

Quant on a des bouches à nourrir, des dettes pour la reprise, les bâtiments qui se casse la gueule, un rotavirus dans le bétail (ça, vous connaissez pas hein..^^, ).  Un divorce et deux gosses à charge durant la semaine (c'est le WE pour Madame) etc... Une put... de commune qui veut prendre vos terres pour les mettre en protection des eaux (aucune preuve, principe de précaution, l'affaire d'un crétin d'écolo qui aura fait perdre un bon paquet de pognon à sa commune! On a tous des droits.. ) une put.. d'autre ville qui se veut verte et veut vous prendre le reste de vos terres pour y mettre de éolien (pas de bol pour eux, je corne et j'ai presque gagné grâce aux petits oiseux..). Franchement, aujourd'hui, je pense en connaitre un sacré rayon sur le droit! Alors, on s'amuse plus à la dinette, c'est la compta, le bouclement fiscal qui dicte! Je vais pas crever pour vos beaux yeux les gens!  Commencez par payer le vrai prix à votre alimentation et pas celle qui vient de l'étranger.. Arrêter de pillez l'Afrique pour vos petits joujoux etc... Ceux qui sont indépendants, qui ont une petite PME me comprendrons. Nous sommes, paysans, un peu comme les abeilles. Si nous disparaissons...

Faites votre choix...Des exploitations plus petites, le droit à la terre, soyez producteurs..

 

http://agriculture-de-conservation.com/GAEC-URSULE-VENDEE-TCS-DIVERSITE.html

 

 

Mon vieux blog d'il y a quatre ans..déjà!

 

http://tienno.overblog.com/

 

Nanuq

 

Edit: Pour les petits mâlins, l'agroforesterie, c'est vous qui l'avez inventé ou vient-elle du monde paysan?

Modifié par Nanuq
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Il y a 4 heures, pastourelle a dit :

Voilà l'hérésie première !!! Pas besoin de résumer l'ineptie que tu avances n'est ce pas?Mais je creuse une peu, donc en  te lisant : Creusons un trou, (avec des conséquences certaines sur la micro faune locale), amenons y de l'eau pour le remplir (en détournant une partie du débit utile par ailleurs) et la céréale cultivé ainsi devient une céréale adaptée au climat local. 

Et bien? en dehors de la faune et flore locale, ça ne pose pas de soucis particulier, d'autant plus qu'un nouvel écosystème souvent très riche va venir peupler cet étang au fil du temps.

Non décidément il y a effectivement un type d'écologiste qui a une structuration mentale que je ne comprends pas. Il existe des solutions pour pouvoir cultiver du maïs, mais non les écolos  ont décidé que la bien-pensance voulait qu'une culture introduite n'avait pas lieue d'être puisque ça va à l'encontre du biotope autochtone. J'ai juste envie de dire, Et alors?

Alors oui, j'ai un faible pour une écologie modérée  qui soutien l'idée d'une agriculture vers une transition la moins brutale possible, je suis contre les extrémistes écolos et tout ce qui entrave le travail déjà considérable des agriculteurs.  Et je pense que se prémunir de la sécheresse pour maintenir ses cultures avec des outils comme l'étang est louable et à encourager. 

 

Modifié par sebb

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Oui, mais pas pour drainer les parcelles alentours in fine, en creusant on abaisse la pression de l'eau dans le sol, c'est louables en zone humide si on ne pompe pas dedans justement.

Ces cultivateurs font ce que la PAC leur dit de faire, y'a 30 ans ils faisaient de la luzerne, on y trouvait des courlis en reproduction qui allaient justement dans les zones marécageuses, comme ça paraît loin!

Le maïs, il faut le réserver aux grosses terres à 250 mm de RU, encore que les grosses terres devraient être réservées pour les légumes...

 

Ce qui entrave le travail de paysan, c'est la demande, celle là même qui mangent des trucs insensés, pas les écolos.

Sebb, dans le Poitou on pompe dans des nappes qui datent du jurassique (entre Poitiers et Niort), qui ne se rechargent jamais, parce que les nappes de surface sont pollués par 250 types. Y'a de quoi aller à l'affrontement...

Modifié par Dam29
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Il y a bien sûr la course aux aides distribuées par la PAC qui constitue souvent un des principaux revenu de l'exploitant, mais il y a aussi le désir d'améliorer son rendement à l'hectare qui scandalise l'écologiste attaché à la décroissance, à juste titre de mon point de vue d'un point de vue idéaliste.

 

Mais quand je vois les bâtons dans les roues que veulent mettre les écolos vis à vis du fonctionnement de la société actuelle, à commencer par l'agriculture mais pas seulement, je comprends que ça ne monte pas dans les urnes, tout le monde sent son portefeuille menacé par une proposition ou par une autre. Tout le monde est d'accord pour améliorer l'environnement, mais pas si c'est pour banquer plus. 

Je pense que le sens pragmatique préfère la transition à la rupture, hors l'écolo radical souhaite une rupture. A être trop radical on obtient la défiance, ce n'est pas le réchauffement ou la salamandre qui maintiennent encore l'écologie la tête hors de l'eau, c'est la peur du cancer. Si demain avec une pilule, on se soigne comme pour un rhume, on verra à quel point l'écologisme radical a réussi sa sensibilisation.

Trop radical pour les agriculteurs, jamais assez, toujours plus coûteux etc...c'est forcément perçu comme une contrainte parce qu'on cherche une rupture plus qu'une transition avec une vision LT.

Modifié par sebb

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Il y a 13 heures, Chaleur56 a dit :
Les restrictions d'eau continuent... L'ouest du pays est le plus touché, mais le sud-est commence à se colorer...
 
propluvia-2017-06-29-18.png
propluviaSouSup-2017-06-29-17.png

 

Pour revenir au sujet, cette carte montre bien que le seuil de déclenchement des restrictions d'eaux varie considérablement d'un département à l'autre.

La Gironde en alerte rouge ne connaît pourtant pas une sécheresse aussi marquée que dans d'autres départements (centre-ouest, nord de la France, Lorraine-Champagne). il est tombé près de 350mm d'eau depuis le début de l'année à Bordeaux, dont plus de 100mm en juin !

 

Comme beaucoup ici, je suis assez stupéfait de voir en Marne et en Meuse des agriculteurs arroser leurs parcelles en plein cagnard alors que ces départements sont en restrictions d'eau et que les particuliers ne peuvent même pas aller chercher un sceau d'eau à la rivière...

Je comprend parfaitement le besoin d'arroser, il est "naturel" et il faut que les agriculteurs qui nous nourrissent et font un beau travail puissent le faire dans lorsque la situation est aussi critique qu'actuellement.

Seulement, c'est vrai pour une agriculture respectueuse de la nature et de notre environnement mais pas pour l'agriculture intensive telle que nous la connaissons aujourd'hui dans le bassin parisien, agriculture bourrée de pesticides et destructrices des paysages (où sont nos haies, nos abeilles??). Je fourmis d'exemple aussi scandaleux les uns que les autres dans ces deux départements. La Marne est perdue, la Meuse encore un peu préservée mais depuis une décennie, la folie s'est emparée de certains agriculteurs qui retournent leur prairie pour faire des céréales souvent sur des terres peu adaptées (coteaux en pentes, zones humides...). C'est une pression supplémentaire sur nos écosystèmes et lors de situations climatiques extrêmes, c'est la catastrophe : zones humides qui s’inondent détruisant les cultures, coulée de boue sur les coteaux en pentes car le sol n'est plus maintenu, besoin en eau qui augmente pour faire face à l'augmentation des surfaces cultivées...

Je m'arrête là mais on pourrait en dire des tonnes. Ces événements climatiques extrêmes ont au moins le mérite de mettre l'homme face à ses dérives... J'ai l'impression que l'on mettra du temps à comprendre, et enfin changer de système...

 

En attendant, nous avons pris ces derniers jours un peu plus de 10mm mais on repart pour encore au moins 2 semaines avec peu voir pas de pluies...

Modifié par gab75
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Je n' ai pas envie de commenter plus tes propos sebb qui m hérisse le poil... Et qui pour le coup sont plus que radicaux (méprisants?) Envers des gens qui se battent tous les jours pour changer les choses ! Un paysan bio radical (qui essaye de prendre et de changer les choses à la racine, premier sens du mot radical), fils de paysan et militant écolo ( mon dieu c est presque une insulte...) . Ce qui est drôle c est de savoir que tout les indicateurs montrent que tout risque de s effondrer si on ne prend pas les crises actuelles à bras le corps mais que certains parlent encore de pragmatisme ( si on avait écouté les nobles puis les capitalistes du siècle dernier et leur pragmatisme, je ne crois pas qu'on serait même là pour pour en parler.. après tout les lutte de ces paysans et ouvriers gauchos qu' est-ce ce que cela nous a amener de bon, hein?...). Après tout si tu veux appuyer le discours de lobbys agricoles contre lesquels beaucoup d agriculteurs se battent tous les jours et à cause desquels beaucoup souffrent aujourd'hui de leurs politiques court termiste, entre autre sur la gestion de l'eau, libre à toi... Si tu préfère attendre que la nature nous amène de plus en plus vers des crises impossible à gérer parce que justement nous n'aurons pas su prendre les problèmes à la racine, aux dépens mon dieu d un profit à court terme, libre à toi. Mais si il te plaît un peu de respect pour les paysans écolo illuminé comme tu dis... Dsl du HS mais de toute manière avec les sécheresse de + en+ importantes que nous allons connaître ce débat reviendra certainement. Yoann 

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Le 28/06/2017 à 21:18, sebb a dit :

 

.

 

C'est entre autre pour ces raisons que je considère vos discours plein de bon sens mais utopiques, les penseurs sans acte ne servent à rien. L'agriculture de demain ce sont des exploitations plus grosses, plus vertes et plus industrialisées, avec une grande flexibilité sur le mode de production pour réagir rapidement au marché,  plus puissantes et surtout ultra robotisées. Si tu prends pas ça en compte, tu prends le risque de brasser du vent. 

 

Je sais, c'est assez moche, quand on a en tête une économie plus rurale, plus artisanale, plus en harmonie avec l'environnement. Ce produit là continuera d'exister mais pour le haut de gamme, avec le package touristique en zone verte structuré pour aller avec.

 

 

 

J'en connais qui doivent boire tes paroles comme du petit lait, en tous cas tu as bien fait passer leur message Sebb, bravo  !

 

Pour en revenir au suivi de la sécheresse qui est quand même l'objet de ce topic, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne quand on voit la carte des lames d'eau de ces 4 derniers jours sur la France de Météo France (0.5 mm pour ma part en sud-Oise !) sur une pause de cette sécheresse, certes la disparition des fortes chaleurs permet de freiner un peu la dégradation  :

 

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Il ne faut pas confondre le souhait et le pragmatisme.

Par nature écolo, je pars du principe que c'est l'avancée technologique qui l'emportera, parce qu'on ne va pas se défaire de la puissance financière juste parce qu'on en a marre du système.

Au sens profond, il a été mis en évidence que l'individualisme a besoin d'autant de compensation, c'est sur ce point à mon avis qu'il faut s'appuyer pour tenter d'appréhender la complexité du monde actuel et futur, et de lié l'utile à l'agréable.

Ainsi je pense que le monde demain sera plus high tech et plus vert, une vision que ne partagent pas les écologistes pure jus qui sont plus dans l'altermondialisme, la décroissance etc... sous peine de tableau noir et d'une descente aux enfers avec la fin du monde en ligne de mire, Paco Rabanne en plus flou quoi.

 

L'écosystème actuel est condamné à évolué ou à disparaître, regardons la réalité en face. Inutile de s'agiter devant ce constat, je réfléchi depuis quelques années à savoir si c'est grave ou pas, et je n'ai pas trouvé la réponse.

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Posté(e) (modifié)

Le 28/06/2017 à 21:18, sebb a dit :

 

[...]

Puis dire que le maïs n'est pas adapté en France, ce n'est pas exact, puisque tous les agriculteurs qui ont creusé des étangs n'ont pas de soucis d'irrigation, ce qui veut dire que le climat et ses sécheresses ne sont pas marquées au point d'empêcher un agriculteur de cultiver du maïs dés lors qu'il dispose d'un étang.

Certains diront que les étangs freinent, mettent à sec plus régulièrement les petits ruisseaux, en mettant à mal toute la biodiversité qui va avec, ce qui me semble tout à fait exact. Sauf qu'ils ne faut pas oublier que l’agriculteur produisent ce qui s'achète, la faute du politique c'est la façon habituelle que les gens ont de se plaindre, ce qui m'apparaît peu convaincant en matière d'argumentaire.

 

[...]

 

 

Il y a 16 heures, sebb a dit :

Et bien? en dehors de la faune et flore locale, ça ne pose pas de soucis particulier, d'autant plus qu'un nouvel écosystème souvent très riche va venir peupler cet étang au fil du temps.

Non décidément il y a effectivement un type d'écologiste qui a une structuration mentale que je ne comprends pas. Il existe des solutions pour pouvoir cultiver du maïs, mais non les écolos  ont décidé que la bien-pensance voulait qu'une culture introduite n'avait pas lieue d'être puisque ça va à l'encontre du biotope autochtone. J'ai juste envie de dire, Et alors?

Alors oui, j'ai un faible pour une écologie modérée  qui soutien l'idée d'une agriculture vers une transition la moins brutale possible, je suis contre les extrémistes écolos et tout ce qui entrave le travail déjà considérable des agriculteurs.  Et je pense que se prémunir de la sécheresse pour maintenir ses cultures avec des outils comme l'étang est louable et à encourager. 

 

 

 

clap, clap, clap !!!  photofunky.gif

 

 

En lisant les derniers échanges, j'avais l'impression d'être à l'AG de la FNSEA qui aujourd'hui travaille activement à rayer des cartes (avec l'appui de l'Etat) à peu près 20% des ruisseaux qui constituent nos têtes de bassin pour faciliter les opérations de curage (comme on faisait il y a 50 ans, "hey les vieux y zétay pô plus cons que nous !"), de prélèvement d'eau et de dérivation de ce qu'ils appellent vulgairement des "Fossés" !

 

C'est affligeant de lire de tels propos, surtout de quelqu'un s'intéressant à la fois au climat (et son évolution) et se disant avoir une fibre "écolo" mais modérée, en opposition à des écolos intégristes... D'autant que tu es de ceux démontrant de belles capacités d'analyse des situations.

 

J'ai un boulot de "rivièriste", responsable de projet de renaturation des rivières, je suis amené à utiliser de l'argent public pour effectuer le travail d'entretien des rivières qui incombe normalement aux propriétaires riverains (dans 80% des cas, des agriculteurs) des cours d'eau non domaniaux. Aussi je dois travailler au quotidien avec des agriculteurs que ce soit sur le Massif des Vosges, ou sur les plaines du piémont, et je peux te dire que le schéma actuel ne fait plus vraiment recette à l'exception de ceux qui sont parvenus à dépasser un seuil critique dans la taille de leur exploitation et dans la modernisation de leur outil de travail... En particulier chez les éleveurs de vaches laitières.

Alors oui, on voit par chez nous aussi de plus en plus de Maïs venir se substituer aux traditionnelles pâtures en fond de vallée, avec force de drainages et d'épandages en tous genres. Les bandes enherbées à proximité des cours d'eau, c'est pour les écolos parce que si on pouvait semer jusqu'au milieu de la rivière ça nous arrangerait bien. En la matière on passera sur la quantité d'intrants se retrouvant indirectement dans les masses d'eau de surface où d'importantes agglomérations comme Nancy viennent puiser l'eau potable distribuée aux robinets... Là on prépare les scandales sanitaires du futur, mais passons parce que ça ne concernerait que quelques millions de personnes en France !

 

Le principe des retenues d'eau colinéaires, c'est très à la mode en ce moment, y compris chez les agriculteurs du Nord-Est qui voudraient obtenir l'autorisation d'en faire à peu près partout... Actuellement, il y a un fort lobbying auprès des pouvoirs publics pour que ces retenues soient intégrées aux schémas locaux de prévention des crues... Sauf que là où pour prévenir des crues il faut des trous vides, les retenues colinéaires ont la particularité d'être des trous pleins !!!

Donc efficacité = Zéro ! Mais nul doutes qu'à force de pressions en tous genres sur les élus locaux, on parviendra à les intégrer  ;)

 

Derrière cela, se pose le problème de la préservation des zones humides, qui sont des îlots de biodiversité remarquables dont le rôle dans la rétention/restitution des eaux n'est plus à démontrer.

Et évidemment, une retenue colinéaire, ou un étang, se fait préférentiellement en un point bas qui se caractérise souvent par une zone humide. L'édification, ou le creusement de la retenue d'eau, a pour conséquence de détruire irrémédiablement ladite zone humide, effaçant de même son rôle dans le cycle de l'eau (rétention/restitution/filtration).

 

Autre point problématique avec ce type d'aménagement, c'est la continuité écologique... Bon, c'est vrai qu'on s'en fout un peu du fait que les truites ne soient plus en mesure de regagner chaque année leurs zones de reproduction parce que les pêcheurs ont la bonne idée d'en relâcher en masses chaque année au moment de l'ouverture de la pêche. Bon, toutes les études convergent à démonter que 80% de ces populations de truites de pisciculture meurent dans les 2 ou 3 semaines qui suivent (car habituées à être nourries aux granulés, peu habituées à la prédation et finalement pas du tout adaptées aux milieux naturels).

Derrière l’emblématique espèce qu'est la truite, il y a une bonne douzaine d'espèce piscicoles qui lui sont associées et mises à mal par ces procédés, mais bon passons !

 

Cette continuité écologique ne s'arrête pas au seul cas des espèces piscicoles (qui doivent déjà endurer bien d'autres atteintes aux milieux), puisqu'elle s'étend également au transit sédimentaire !

Et oui, la morphologie des cours d'eau dépend de principes complexes de transports sédimentaires (fines, sables, galets) qui peuvent se résumer au fait que si le transport sédimentaire d'un cours d'eau est insuffisant au regard de son débit car retenu par des ouvrages transversaux, l'écoulement recherchera un équilibre en érodant des surfaces propices lors des crues en aval de ces mêmes ouvrages. C'est là qu'en général, je reçois une dizaine de fois par an des agriculteurs alarmés car leurs terres se font progressivement bouffer par des cours d'eau qui ont encore la chance d'être dynamiques.

Là encore, pas grave, on a qu'a mettre des kilomètres d'enrochements pour préserver les berges ! Sauf que lorsqu'un enrochement part en cacahouète, c'est la collectivité avec ses équipes spécialisées que l'on vient chercher pour rétablir la situation... Avec de l'argent public en plus !!!

 

Comme si ce n'était pas suffisant, on peut encore rajouter à la liste des méfaits engendrés par la multiplication des retenues colinéaires le réchauffement des masses d'eau, parfois au delà de ce que peuvent supporter les peuplement piscicoles indigènes (surtout en tête de bassin où les truites connaissent selon les espèces et souches locales, des températures létales de l'ordre de 24 à 26°C). Mais bon, déjà qu'elles ne peuvent plus se reproduire, elles vont quand même pas nous enquiquiner avec leurs problèmes de chaleurs excessives !!!

De manière générales, y compris dans le Grand Est (ah ça c'est un nom de Région bordel !!! :D ), on constate que les espèces invasives supplantent les espèces locales mais vous me direz que c'est dans la logique de mondialisation des espaces. après tout, même si à l'exception des temps géologiques très anciens (époque Gondwana) les espèces d'Amérique n'ont jamais été les mêmes que celles du vieux continent, quel mal pourrait-il y avoir à ce que nous ayons partout les mêmes espèces de poissons ??? :ph34r:

Eh oui, du Tilapia des confins de l'Asie, à la pointe Bretonne, en passant par l'Afrique, voilà un bel horizon d'avenir !!!

 

Mais bon, la ressource en eau, ce ne sont pas que les poissons... Eux ils ne sont qu'un des nombreux marqueurs de la qualité de cette ressource. Mais après tout il nous restera toujours de la Vittel à boire (tant qu'ils n'auront pas fini d'assècher l'aquifère qui montre des signes inquiétants de surexploitation) !

Modifié par Lolox
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il y a 31 minutes, Lolox a dit :

J'ai un boulot de "rivièriste

Ca existe ce beau métier.xD

Sinon, merci Laurent pour ces précisions de grandes qualités apportant de l'eau à ce débat sècheresse.:P

Modifié par Sky Blue
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Au moins Sebb aura eu le mérite de donner lieu a des réponses super intéressantes et pertinentes, notamment la tienne lolox ! Merci à toi de rappeler la gestion complètement absurde de l'eau en France, servant seulement les intérêts d'une fraction de gros agriculteurs au détriment de tout le reste de la population et de la nature !

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il y a 7 minutes, Sky Blue a dit :

Ca existe ce beau métier.xD

Sinon, merci pour ces précisions de grandes qualités apportant de l'eau à ce débat sècheresse.:P

 

Officiellement ça n'existe pas, on parle de "chargé de mission milieux aquatiques"  ;)

Mais entre nous, nous avons développé cette appellation... Donc pas la peine d'aller au Pôle Emploi en disant "je voudrais devenir rivièriste" car vous risqueriez de vous retrouver dans un service de gestion des eaux usées. Après tout, ça fini quand même dans les rivières :D 

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il y a 5 minutes, Lolox a dit :

"chargé de mission milieux aquatiques"

Ca claque mieux.xD 

Citation

je suis amené à utiliser de l'argent public

Fais en bon usage.;)

Passionnant en tous cas.:) 

Modifié par Sky Blue
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Débat très intéressant.

 

Pour ma part j'aurais tendance à adopter un point du vue assez radicale sur la chose et a freiner des 4 fers sur toute modification des milieux naturels fragiles en particulier humide que ce soit pour des pratiques agricoles ou de l'urbanisation. Lolox a bien poser les enjeux de la préservation de ces zones, trop de mal a déjà été fait.

 

Concernant l'évolution du modèle agricole la vision de sebb me semble assez juste, disons que c'est ce vers quoi on tend malheureusement même si je ne vois pas comment une agriculture ultra-robotisée pourrait être plus verte? Si j'ai bien compris le modèle "dominant" qui nourrira 90% de la planète sera celui d'exploitations de grande taille, ultra-robotisé, utilisant des technologies de pointes mais plus verte.

 

A partir du moment où les robots et la technologie deviennent omniprésents, cela sous-tend d'important investissements et une obligation de rendements. Mécaniquement pour faire du rendement dans notre économie actuelle, il faudra des exploitations immenses et qui se doivent d'être de moins en moins sujet aux aléas de production (météo notamment). Ceci signifie remembrement et disparitions de chemins, bois, fossés, haies...mais également aménagement pour retenir ou évacuer l'eau, des intrants pour garantir les rendement....bref tout ce qui va contre une agriculture plus "verte". Il y a pour moi contradiction mais je conviens que c'est sans doute plus complexe.

 

J'essaie de na pas tomber dans la caricature mais cela me semble être un leurre ou de l'emballage pour faire passer la pilule. Tout comme le modèle plus en rural, local en harmonie avec l'environnement comme tu l'as dit est sans doute porteur de prix plus élevés pour le consommateur voir de pénuries sur certaines denrées(?). 

 

La balle est dans le camps du consommateur (arrêter d'acheter des tomates et courgettes en hiver, acheter moins souvent de la viande mais plus cher en étant attentif à la provenance...) mais aussi du législateur et donc de nos gouvernants notamment à Bruxelle. Qd on voit à quelle point il est difficile d'obtenir une transparence et une traçabilité claire des produits qu'on nous vend et qui faciliterait beaucoup les choix, on se dit que le consommateur n'est pas franchement aidée ou plutôt que le flou arrange.

Modifié par thib91
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Bonjour,

 

merci Lolox de nous rappeler que la sécheresse pose des difficultés à d'autres milieux que ceux des étendues de monoculture et que ces effets sont amplifiés par une gestion catastrophique de la ressource en eau en même temps qu'une dégradation à marche forcée de tous les milieux un peu épais au niveau de la diversité. A ce sujet la France ne respecte pas du tout les exigences européennes au niveau de l'eau en général.

Mais sinon avec les retenues colinéaires on peut faire de très beaux carpodromes, mais ça c'est pour les pêcheurs  modérés, parce qu'il paraît que certains intégristes auraient l'outrecuidance de vouloir encore pêcher à la mouche...

En Creuse, malgré les pluies des derniers jours qui sont parfaites pour la surface, les ruisseaux et rivières ne bougent pas trop ou alors montent et baissent aussi vite ( merci aux drainages ). L'année sera encore difficile pour les salmonidés même en zone de moyenne montagne. Et plus globalement, je demande si certaines centrales nucléaires comme Civaux n'ont pas été construites sur de bassins versants un peu faibles en cas de grosse sécheresse renforcée de divers prélèvement autorisés ou non... 

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Pour revenir au sujet, j'ai l'impression que la sécheresse écologique commence à se manifester dans certains régions, le révélateur premier en étant la vigne avec ses racines profondes (enfin pas dans tout les vignobles, mais ceci est un autre débat mené par des écolos radicaux et ingénieurs agronomes Claude et Lydia Bourguignon ;) ) :

 

http://www.vitisphere.com/actualite-85568-Les-vignes-commencent-a-manquer-deau.htm

 

Pour celles et ceux que cela intéresse donc, voici des vidéos sur Claude et Lydia Bourguignon, les premiers à avoir corrigé la situation de déperdition du goût des vins et de leur résistance aux maladies grâce à des techniques biologiques et pointues de restauration de la vie des sols qui ont permis au système racinaire des vignes de s'épanouir à nouveau, de prendre tous les nutriments qu'il fallait, avec un sol d'ailleurs beaucoup moins sensible à la sécheresse puisqu'avec un bon complexe argilo-humique et bonne structuration (et pour cela la chimie et les engrais sont à bannir car tuant la vie du sol, merde alors ! ;) ) :

 

https://www.google.fr/search?q=claude+bourguignon&rlz=1C1PRFG_enFR739FR739&oq=claude+bourgui&aqs=chrome.0.0j69i65l3j69i57j0.5042j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8#tbm=vid&q=claude+lydia+bourguignon

 

Sinon, malgré les averses de ces derniers jours, de nombreux arrêtés se manifestent encore ou renforcent le niveau d'alerte. Il suffit de mettre sécheresse dans google et de trier par date et on voit déjà un peu l'inquiétude pointer dans nombre de départements pour les agris (sans parler de la Belgique qui vit une sécheresse quasi-équivalente à celle de 1976...) :

 

https://www.google.fr/search?q=sécheresse&rlz=1C1PRFG_enFR739FR739&oq=sécheresse&aqs=chrome..69i57j69i65j69i59l3j0.2189j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8#q=sécheresse&tbs=sbd:1&tbm=nws&start=0

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118mm en 5 mois à Dunkerque (comme dans un quart nord-ouest du NPDC), dont 30mm sous un seul et unique orage 🙄

 

On commence seulement à évoquer la sécheresse dans le NPDC, avec des cours d'eau en vigilance (boulonnais notamment). Mais rien sur propluvia?

 

Par ici dans le bethunois, j'ai rarement vu les cours d'eau aussi bas. Les pelouses sont bien grillées, quasiment comme dans le Sud l'été. L'épisode caniculaire de mi-juin a vraiment fait mal.

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il y a une heure, M4x a dit :

118mm en 5 mois à Dunkerque (comme dans un quart nord-ouest du NPDC), dont 30mm sous un seul et unique orage 🙄

 

On commence seulement à évoquer la sécheresse dans le NPDC, avec des cours d'eau en vigilance (boulonnais notamment). Mais rien sur propluvia?

 

Par ici dans le bethunois, j'ai rarement vu les cours d'eau aussi bas. Les pelouses sont bien grillées, quasiment comme dans le Sud l'été. L'épisode caniculaire de mi-juin a vraiment fait mal.

En effet malgré les 6 mm tout à l'heure et l’humidité, le sol est sec en profondeur et il faut beaucoup d'eau pour percer cette couche parfaitement sèche

Ce n'est pas un hasard si les branches des arbres plient vers le sol 

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Il y a 7 heures, Lolox a dit :

 

 

 

Le principe des retenues d'eau colinéaires, c'est très à la mode en ce moment, y compris chez les agriculteurs du Nord-Est qui voudraient obtenir l'autorisation d'en faire à peu près partout... Actuellement, il y a un fort lobbying auprès des pouvoirs publics pour que ces retenues soient intégrées aux schémas locaux de prévention des crues... Sauf que là où pour prévenir des crues il faut des trous vides, les retenues colinéaires ont la particularité d'être des trous pleins !!!

Donc efficacité = Zéro ! Mais nul doutes qu'à force de pressions en tous genres sur les élus locaux, on parviendra à les intégrer  ;)

 

 

Merci pour ton post Lolox qui apporte du concret et de l'expérience en annexe de la réaction du monde agricole face à la sécheresse.

 

Je cite ce passage de ton intervention, car je le trouve  simpliste, voir caricatural. N'étant pas rivieriste, c'est peut être juste de la méconnaissance de ma part.

Mais je crois avoir observé dans mon département en tout cas, que la gestion des crues passe justement par un travail sur le remplissage des retenues d'eau, il existe même une sorte de procédure, sans être en mesure d'en dire plus, avec une côte hiver et une côte été.

En outre, la multiplication des étangs n'augmente t'elle pas pas l'effet amortisseur sur les précipitations, avec un pouvoir humide supérieur à celui d'une zone humide?. A précipitations équivalentes, y a t'il réellement une hausse des inondations depuis que les étangs se multiplient?

 

Désolé d'avoir affligé ici, c'est vrai que ça peut heurter surtout quand la manière n'y est pas, mais pour tenter d'être un minimum lucide, il faut essayer de comprendre ce qui est plutôt que de se battre pour ce qui devrait être, ce qui empêche de se pencher sur ce qui sera. 

Essayer de comprendre, et de raisonner des sujets aussi complexes impliquent d'écarter un temps soit peu l'émotivité ou l'indignation.

Honnêtement je pense que si lucidité et expression se combinaient, nous n'aurions encore rien dit.

 

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